26 avril 2018

Les tribulations d'un photographe (professionnel!) en recherche (perpétuelle!) d'identité.

Comment devenez-vous photographe professionnel? Tout simplement en étant payer pour prendre des photos! Une question simple qui amène une réponse simple(tte)... Car être photographe qui gagne en partie ou en totalité son pécule n'est pas vraiment une profession légitiment et légalement reconnue dans la plupart de nos sociétés tout comme être chauffeur de taxi d'ailleurs dont les deux métiers partagent certaines similitudes.

Vrai qu'on peut suivre une formation académique sur la photographie avec divers degrés d'approfondissement théorique et pratique. Mais de ces écoles peu d'élèves sortant en feront une carrière tout comme dans mon champs personnel original d'études universitaires qui était les sciences économiques. Donc tous les chemins peuvent nous propulser comme une ou un "pro" du déclic, c'est assez vraisemblable et vécu par plusieurs du domaine photographique.

Depuis la fin de mon enfance, le visuel m'a toujours fasciné. Journaux, magazines, cahiers et livres illustrés, télévision, cinéma autant de média que j'ai dévoré pour enrichir mon imagerie et mon imagination. Certains croient en la puissance des mots, avec raison assurément, moi je crois en la puissance des images. Et je suis né durant l'épopée de l'explosion visuelle médiatique. Mon univers s'est peuplé d'images fortes sur l'actualité, sur les arts, sur le cinéma. Par la suite il ne fut pas étonnant que j'ai voulu participer à l'élan créateur d'illustrations de mon temps et de ma génération.

Un premier pas vers la renommée! ....
(Source photo: Wiki)
Et la lumière fut!
Mes premières aventures en photo ont débuté avec un appareil Kodak Brownie Hawkeye,une donation d'une tante attentionnée. Ce modèle utilisait des films (argentique) de format 620 en rouleaux semblables à l'actuel 120-220 et mes premiers pas furent réalisés en noir et blanc. Le Brownie Hawkeye avait un obturateur d'un seul temps de pose, 1/30 sec si mes souvenirs sont exacts, et merveille des merveilles une pose B pour une longue exposition. Son viseur optique reflex centré (!!!!) était un triomphe d'approximation tant en terme de netteté que de cadrage. Pas de mise au point ni de choix d'ouverture du diaphragme. Compte tenu de la poignée minimaliste du boitier sans courroie il fallait garder l'appareil en main de façon permanente ce qui en soi est une excellente habitude à prendre pour un futur photographe. L'avance du film était manuelle et le positionnement pour la pose suivante basée sur l'apparition du numéro dans la fenêtre arrière rouge foncée au dos de l'appareil. L'insertion du rouleau de film était une autre technique à maitriser dès le départ. Il ne reste presque rien de mes premières oeuvres de cette époque sauf quelques clichés sauvés par ma très chère maman, paix à son âme et à sa dévotion pour ses quatre fils turbulents.



Un trek prémonitoire en 1971...
Nick Nolte (re: le film culte Under Fire) peut aller se rhabiller car dès mon secondaire III j'avais entrepris dans le cadre d'un cours de géographie, un projet de docu-photo socio-dénonciateur de l'exploitation anti-environnementale d'une carrière au mont Saint-Bruno (aujourd'hui un parc protégé) situé en banlieue de la rive-sud de Montréal.


Nous étions deux inconscients à franchir les clôtures et à affronter les dangers de l'inconnu pour obtenir nos images révélatrices avec un Minolta Autopack 126 et du film diapositive. De cette expédition est né un premier court diaporama socio-critique sur musique de Jethro Tull (de leur album Benefit peu connu en ces temps et emprunté à mon frère ainé) et diffusion publique... en classe. Étonnamment notre professeur avait apprécié (la musique probablement)!




Argus Cosina STL1000 / 50mmF1.7 + un peu de culot!
Les championnats mondiaux cyclistes de Montréal en 1974
(Un premier "réflex" avec l'Argus Cosina STL 1000)
L'été 1974 s'achevait avec une rentrée scolaire "cegepienne " après une période estivale lucrative attribuable à un travail d'été subventionné par le gouvernement canadien. Fort de ce pécule j'en ai profité pour me procurer mon premier appareil 35mm reflex doté de son objectif dit normal de 50mm et quelques menus autres accessoires. Ce sera l'amorce d'une longue série d'achats et de reventes d'appareils photographiques qui peuplent encore mon univers aux désespoir de mon entourage rapproché. Armé d'un tel outil photographique sophistiqué (pour l'époque) le monde m'attendait!

Et voilà le travail pour les pros avec accréditation:
Remarquez le synchronisme des deux images!
( Source: Cycling Week Web site )


Entretemps, le monde n'ayant pas encore reçu la nouvelle de ma promotion matérielle, un ancien confrère de classe tout aussi féru de photographie et même équipé d'une chambre noire m'offrit de l'accompagner aux Championnats mondiaux cyclistes qui avaient lieu à Montréal cette année-là et comble de bonheur puisque la soeur de celui-ci avait un appartement situé sur le rue Édouard-Montpetit face aux tribunes d'honneur,  nous avions un accès privilégié entre autres à la ligne départ-arrivée. Alors ce fut mon premier reportage sportif en noir et blanc et ayant pour seule optique mon objectif de 50mm. Par contre j'étais en excellente condition physique et mes jambes m'ont servi de télé-photo et de grand angulaire à la fois avec un zeste parfois d'audace il faut le dire. Nous avons assisté à la finale sur route et aussi invraisemblable que cela peut sembler j'ai réussi le cliché de la victoire du grand champion belge Eddie Merckx au fil d'arrivée en plus d'un certains nombres d'images, ma fois, très pertinentes.

Après cette épisode je ne doutais plus de ma capacité à devenir un grand photographe. Malgré cette confirmation céleste les portes de la renommée ne se sont pas ouvertes instantanément les contacts auprès des grandes agences me manquant. Ah quelle occasion perdue pour UPI, Reuther, AFP, Associated Press, Magnum et j'en oublie...

Une accréditation tombée du ciel! 1987
L'aventure du photo-reportage en sport automobile
Mon obsession photographique s'est poursuivi après ces débuts fulgurants au gré des études et des différents boulots subséquents. Mais chaque année je ne manquait jamais l'occasion d'assister au Grand de Prix automobile de formule 1 de Montréal avec un billet d'admission générale et beaucoup d'imagination pour réaliser quelques clichés intéressants. En 1987 la formule 1 fera l'impasse à l'escale montréalaise mais les nombreuses courses de soutien s'y tiendront tout de même. Qu'à cela me tienne je serai du rendez-vous mais arrivé trop tôt le matin aucun guichet de la billetterie n'était encore ouvert. Par contre j'aperçois que la roulotte d'accréditation déborde de reporters en attente et là, un fusible a sauté dans mon cerveau et je me suis présenté très digne et sérieux parmi tous ces journalistes dûment mandatés. Résumons-nous car cet aspect de l'histoire serait trop long mais oui j'ai obtenu une pleine accréditation pour le weekend et j'ai pu mitraillé mes sujets à volonté et à proximité. Mais après ces trois jours d'euphorie qu'allais-je faire de tout ce matériel? Eh bien une audace en suit une autre et j'ai proposé le tout au plus beau magazine canadien de sport automobile du temps, Formula. Et son éditeur course m'a convoqué et sélectionné 4 images parmi mon corpus pour ensuite me proposer des accréditations pour le reste de la saison canadienne.

Cette période de pige pour différentes publications canadiennes de sport automobile s'est poursuivi jusqu'en 2001. Elle fut une très grande école pour le photo reportage sur le terrain dans toutes sortes de conditions imaginables et des conséquences heureuses et exaltantes mais aussi des moments de doutes et de résilience. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce lien: Flash Memories from an autosport photographer (1987-2001) with Daniel M

Même après 25 ans + certaines de mes photos (un peu délavées!) sont toujours exposées
 au stade olympique de Montréal
La sagesse de mon père et sa petite annonce traumatisante 1988-1994
Daniel M au pays des fonctionnaires (syndiqués!) du déclic
Malgré mes succès de pigiste reporter en sport auto, je restais sur la touche pour le reste. C'est alors qu'en revenant d'une journée blanche en mai 1988, une petite offre d'emploi découpé par mon père provenant du quotidien La Presse et déposée subtilement sur ma table de travail allait bousculer mon cheminement hasardeux. En effet le regroupement des fédérations sportives et de loisir du Québec, RLQ, se cherchait un photographe corporatif de remplacement et n'écoutant que ma proverbiale effronterie je me suis présenté illico à leur direction des communications. Bien m'en pris car suite au départ soudain de l'ancienne récipiendaire de ce poste idyllique, le directeur des communications cherchait un intérimaire à disponibilité immédiate. Le tout fut réglé promptement et je fus tout de même sélectionné pour participer au groupe final des 10 candidats pour ensuite gagner cette permanence.

Mon lieu de travail était situé au stade olympique de Montréal, siège social de toutes ces fédérations. Bureau, studio, laboratoire représentaient notre base et j'allais aussi sur le terrain pour toutes sortes d'assignations. Ce fut une période effervescente mais au combien extraordinaire. Six années qui ont représenté un siècle de découvertes, d'expériences et d'émulation professionnelle et personnelle. Merci Papa!

Conférencier, animateur, saltimbanque!
La fin des temps doux ou l'enfer du "freelance" 1994-1997
Les joies non-partagées de la pige en photographie ou les douze travaux d'un "jobbeux" de l'image
Au gré des coupures au gouvernement du Québec et de l'abolition du ministère du loisir, de la chasse et de la pêche, le service de l'audiovisuel du regroupement fut aboli et par le fait même entraina ma sortie abrupte du stade et de mon rêve éveillé. J'ai bien tenté de me replacer dans l'édifice gouvernemental mais la plupart des autres services audiovisuels des ministères et autres organismes publics ont subi le même sort peu enviable. Restaient momentanément des mandats épisodiques et de plus en plus espacés de pige auprès d'organismes et de fédérations qui m'encourageaient du fait de leurs moyens aussi réduits durant cette période de déclin de la richesse collective.
La pige n'était pas et n'est toujours pas un univers rassurant car tout se déroule au jour le jour et les succès d'hier ne sont pas garants des contrats de demain.
En fait pour plusieurs photographes la fin des années quatre-vingt-dix et la venue de l'ère numérique Internet ont marqué la fin de l'apogée de l'ère des grands reportages illustrés par le déclin graduel de la presse écrite, magazines inclus. L'intérêt de l'auditoire se portant ailleurs, les grands décideurs des média ont détourné leur priorité de l'information factuelle vers le divertissement.

Il faut survivre: de représentant à directeur commercial comme quoi la photo mène à tout!
Le recyclage d'un photographe SEF (Sans Emploi Fixe) 1997-2017
Le mot devenant à la mode, il a fallu procéder à mon recyclage! Car la condition de photographe Sans Emploi Fixe (SEF) n'est pas vraiment viable tant matériellement que psychologiquement. Alors grâce à un ami fidèle même à travers toutes mes virages professionnels, j'ai pu me transformer en véritable agent-représentant dans le secteur de la distribution d'équipement photographique. Samsung, Mamiya, Leica, Bushnell et d'autres faisaient partis de mon portfolio à l'intention de notre nombreuse clientèle commerciale et institutionnelle. Plus tard en cherchant à mieux me fixer et ne plus voyager professionnellement je suis devenu directeur commercial jusqu'à très récemment. Dans tous ces différents postes mon expérience comme photographe me conférait une crédibilité très pratique auprès des clients et je gardais tout de même le contact avec le milieu photographique.

Retour au plaisir sans contrainte 2017 +
C'est aujourd'hui!
2017 a marqué l'arrêt de mon cheminement professionnel traditionnel. Aujourd'hui je profite de ce retrait pour me ressourcer. Et jusqu'ici l'expérience est intéressante car elle comble certaines omissions de mon parcours sinueux. Comme par exemple ce modeste blog-photo où l'écriture au quotidien rejoint l'illustration, un exercice qui m'a toujours attiré tout comme le journalisme et le travail de chroniqueur. C'est un des grands avantages actuels de l'Internet par l'accessibilité de son canal presque gratuit de diffusion jusqu'ici. Et les sujets ne manquent pas dans cette blogosphère en pleine ébullition malgré que son audience soit plutôt dispersée.
Il est difficile de qualifier dans leur perspective tous ces évènements parfois chaotiques qui ont peuplé mon parcours personnel de photographe. Certains semblent appartenir à un passé révolu même incompréhensible pour certains. Mais leur proximité intellectuelle ou psychologique en font des moments instantanés toujours présent dans mon esprit et, je l'espère, dans celui de quelques autres. Sommes-nous toujours inspirants malgré la course effréné de l'évolution humaine? Telle est la question philosophique de tout être pensant qui recherche sa parcelle d'éternité.

Daniel M
Avril 2018

P.s. Être photographe? Un métier ou une passion messianique! Car la question continue de se poser depuis Niepce et Daguerre: comment devenir photographe "professionnel" ? En fait c'est une illusion en soi car avant de photographier il faut d'abord illustrer son propos. Et la photographie n'est somme toute qu'une autre forme d'écriture comme la plume, le pinceau ou le clavier...

Anecdotik: Plusieurs se rappelleront cette photographie de Ryan Kelly du Daily Progress de Charlottesville, Virginie USA qui a fait la une de plusieurs sites de nouvelles. Cette image saisissante fut prise par Kelly pendant sa dernière journée comme photo reporter permanent au journal. Compte tenu du contexte très incertain de son travail au Daily Progress il entamait un virage professionnel complet deux jours plus tard (pour un emploi chez un brasseur!). L'ironie voulut qu'il gagna le Prix Pulitzer 2018 in Breaking News Photography huit mois plus tard.


09 avril 2018

L'appareil photo numérique en mode d'apprentissage: le coté verso de la photo


Il y a un paradigme à désirer un appareil photo qui
 réussit à tout faire sans grande intervention de son
 utilisateur et un outil qu'il faut apprendre à maitriser
 pour en explorer les possibilités. Mode P ou mode M?
De nos jours la recherche de l'appareil photo numérique idéal tend à colorer fortement toute critique d'utilisateur(e) vis-à-vis tous les produits offerts par les différents fabricants d'équipement de prises de vues. Ergonomie, interface, réactivité, versatilité sont devenus avec d'autres les maitres mots de tous ceux qui peuplent notre blogosphère avec ses grandes vedettes jusqu'aux plus modestes tâcherons de l'analyse des produits.

De fait toute perspective-critique quelle qu'elle soit contient sa part de vraisemblance (vérité ou non). Un peu comme un Photo Advisor auquel il faut maintenant lire entre les lignes pour en extraire les éléments qui nous serons utiles dans la constitution de notre propre opinion. Alors je me suis posé la question de l'effort d'adaptation ou plutôt de l'absence de celui-ci que beaucoup de photographes ont tendance à négliger dans la connaissance et l'usage de leur équipement.

Dernièrement je consultais un compte rendu détaillé sur le modèle Panasonic Lumix G85 qui a suscité un questionnement de la part d'un de ses lecteurs et j'ai constaté l'incapacité de répondre de l'auteur qui avouait qu'il n'avait plus ce matériel à sa disposition. Bien sûr nous ne pouvons pas tout savoir mais comme j'avais ce modèle d'appareil en main j'ai pris la peine de l'explorer de nouveau pour trouver la façon de faire nécessaire pour adapter l'appareil au besoin spécifique de ce lecteur ... j'ai transmis ce petit savoir sur ce forum.

Tout ça pour dire comment les interfaces des appareils d'aujourd'hui sont complexes et prévoient de multi-usages adaptés à l'utilisateur. En contrepartie ce dernier(e) doit investir dans l'apprentissage de l'appareil pour approfondir ses connaissances théoriques et pratiques. Mais voilà nous en sommes rendu dans la civilisation du tout inclus avec un niveau d'effort intellectuel minimaliste. Il serait impensable de revoir les aspects fondamentaux d'outils de base comme un marteau, des ciseaux ou une scie, de même que pour le pinceau ou la spatule du peintre ou encore le clavier de l'écrivain. Nous admettons très bien la nécessité de son utilisateur(e) à expérimenter et à apprendre à en maitriser les subtilités techniques pour les adapter à nos besoins. Dans cette perspective l'appareil photo n'est pas différent de ces autres outils de création. Sa maîtrise technique passe aussi par l'apprentissage de son fonctionnement, de ses limites et de son adaptabilité.


Sujet, composition, instant choisi, autant de paramètres qui dépendent l'auteur plutôt que de son appareil

Certes il y a toujours lieu de raffiner et de rendre plus sophistiqué un outil quel qu'il soit. Nous sommes dans un monde de questionnement et d'évolution et notre curiosité génétiquement inscrite nous pousse constamment à cette démarche d'amélioration. Mais au départ il faut comprendre la base ou le raisonnement initial qui a amené l'invention  de cet outil. L'appareil photo a été inventé comme un capteur d'imagerie instantané (et plus tard animé). Les supports se sont raffinés au fil des générations d'appareils pour atteindre un degré de sophistication assez unique même si d'autres surprises nous attendent dans l'avenir. La notion de "voir", de choisir un moment et d'interpréter une image photographique sont tous des éléments créatifs qui sont d'abord l'apanage de notre propre vision et de notre raisonnement. Pour matérialiser le tout sur éventuellement un support plus permanent à partager, nous utilisons la technique photographique mais celle-ci ne peut en aucun cas se substituer à l'exercice physique et intellectuel d'origine du choix photographique.

Il ne faut pas oublier la finalité de l'oeuvre photographique: sa diffusion ...
 fut-elle personnelle, intime ou même publique!
Alors que faut-il en déduire en regard des outils photographiques actuels? Que leurs possibilités techniques sont telles aujourd'hui qu'il est rare qu'on puisse les exploiter à leurs limites. Et que même dans ce cas extrême il reste toujours l'option non négligeable de s'adapter à une situation et de proposer une variante créatrice. Par exemple pour la photographie d'un sujet en action on peut proposer la technique du filé (panning) ou du flou volontaire. C'était vrai au temps de l'argentique, c'est encore vrai en ces temps numériques! Car en création de toute chose il y a une part d'effort à investir. Il ne faut pas devenir des fonctionnaires du déclics et reproduire des schèmes stéréotypés qui n'on aucune pérennité.

Depuis les débuts du numérique et au fois franchi les affres de son enfance nécessaire, les appareils photo sont devenus de formidables outils d'expression dont on mesure encore mal toutes les possibilités tant les frontières techniques imposés par l'ancien support argentique ont littéralement explosé. Il faut prendre le temps d'explorer ces nouveaux outils et en extraire la puissance technique. Ils sont ingénieux, très versatiles mais aussi complexes et demandent de leur utilisateurs une étude plus approfondie que simplement une prise en main rapide et expédiée. Les maitriser c'est s'offrir le plaisir de créer une oeuvre photographique unique et personnelle.

29 mars 2018

Le monde de la photo d'aujourd'hui: une conversation visuelle virtuelle éphémère!

Sommes-nous à l'automne de la photo traditionnelle?


Depuis les débuts fort modestes de ce blog-photo, je me suis interrogé à maintes reprises sur la pertinence et l'impact de la photo en général dans notre e-société actuelle. Car au delà de la multitude d'instantanés très éphémères apparaissant puis disparaissant sur notre univers Web, que reste-t-il de l'expression visuelle et de  son message sous-jacent? Si on extrait toutes les représentations stéréotypées qui bombardent nos écrans, peu d'images d'impact traverse l'épreuve du temps et du rappel de la mémoire individuelle et collective.

Il y a sûrement une part de responsabilité de cette consommation sans lendemain de l'illustration qui provient des supports virtuels utilisés, les écrans pour ne pas les nommer, par la plupart des auteurs-spectateurs. En effet la disparition de supports photographiques imprimés, plus permanents à court et moyen terme, freine la conservation, la propagation et le partage entre nous du contenu visuel. En absence de toute pérennité de l'oeuvre, il ne reste peu ou pas d'oeuvres référentielles marquantes à transmettre aux générations futures. Car c'est vraiment l'imprimé qui exprime le mieux la finalité de l'image bi-dimensonnelle.



La photographie comme mode d'expression original reste pertinente
Mais il y a un certain espoir qui s'exprime par la tenue répétée mais souvent discrète d'expositions photographiques, par l'édition de recueils ou d'essais parfois et souvent à compte d'auteur et par la réapparition de publications un peu underground mais toujours à l'affut de la belle illustration. Par contre pour le citoyen ordinaire de ce monde la mise au rancart de support d'images comme l'album photo pourrait sonner le glas de l'historique familial ou individuel car les formes de mémorisation électronique actuelle sont pour le moins très éphémères et difficiles à consulter de façon aléatoire. Plusieurs nouvelles habitudes de consommation d'images au rythme accélérée ont contrevenu à tout effort véritablement sérieux de conservation de l'expression photographique.

Car il s'agit bien de consommation et non plus d'apprentissage ou de référence visuelle par l'observation photographique. Et l'acte de consommation se base essentiellement sur le désir de confrontation sécuritaire recherché par le.. consommateur. Et c'est là ou les images stéréotypées polluent littéralement notre univers visuel au détriment de la créativité, de l'expression divergente et de l'impact de l'oeuvre bi-dimensionnelle.

Alors que nous réserve l'avenir de la photographie coincé dans l'appétit insatiable de l'image de consommation et le désir de l'expression originale d'une oeuvre visuelle. Les outils pour la réalisation des deux tendances existent toujours tout comme les canaux de diffusion. En fait le choix est d'abord culturel et c'est notre société-civilation qui tranchera à la fin.

La photographie comme mémoire socio-culturelle

27 mars 2018

Le Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F4.0-5.6 II Power OIS: l'omission pourtant efficace!

Le Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F4.0-5.6 II Power OIS est peut-être le meilleur alter ego en mode téléobjectif de l'optique trans-standard Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 OIS. Polyvalent, compact, résistant aux intempéries, la deuxième version de ce zoom peut répondre aux exigences normales propres à la photographie discriminante du sujet versus son environnement. Malgré une très modeste ouverture maximale son grossissement accru de 8X par rapport à la vision humaine peut permettre une plus faible profondeur de champs qui isole le sujet principal.

Car ce Panasonic 45-200mm est souvent perçu comme un enfant pauvre optiquement parlant surtout si l'on le compare avec ses grands frères de série dite professionnelle. Bien sûr sa modeste ouverture maximale variable est un sérieux handicap pour la photo d'action et plus encore en faible lumière ambiante. Mais est-ce pour autant mission impossible pour ce diminutif de la série Panasonic Lumix G? Le défi est intéressant mais pour autant pas si inaccessible qu'il n'y parait si on s'applique à bien contrôler ses paramètres de prise de vues et qu'on appréhende bien son sujet. Avec un tel objectif la chance de réaliser sans préparation une photo spontanée parfaite reste souvent aléatoire quoique toujours possible. Il y a donc un mérite à réussir dans cette perspective.

Un des avantages d'utiliser un longue focale demeure sa grande capacité d'isoler le sujet et d'écraser la perspective offerte dans le viseur du photographe. L'oeil humain fait inconsciemment cet exercice quand il veut privilégier son attention sur un détail extrait de son champs visuel total. Avec une focale  variable comme le 45-200mm le choix plus pointu du cadrage devient un atout indéniable à exploiter une fois que l'utilisateur a trouvé sa position optimale compte tenu du contexte de prise de vues. Il n'en tient qu'à l'opérateur de bien exploiter les possibilités d'une telle optique.

Avec son système embarqué de stabilisation optique le Lumix G Vario 45-200mm II compense en partie sa faiblesse d'une ouverture maximale limitée. Il faut quand porter une attention particulière sur le maintien de l'objectif dans un contexte de faible luminosité et en utilisant un temps de pose plus long. Reste le choix de réaliser volontairement une image qui illustre bien le flou généré par le mouvement du sujet ou par le déplacement dans son environnement par panning. En photo d'action les choix sont vastes si l'on laisse filer son imagination pour recréer des interprétations originales d'une situation. La rectitude de la photo stéréotype du sujet manque souvent d'impact et devient qu'une image générique et répétitive. À vous d'expérimenter et c'est que l'usage du Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F3.5-5.6 II vous propose.

La prise en main du Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F3.5-5.6 II Power OIS est confortable et les bagues de sélection de la longueur focale et de la mise au point sont facilement identifiable. La course de la bague d'ajustement du point focal (focus) m'apparait trop longue et un peu décalée pour la photographie d'action et l'on doit plutôt s'appuyer sur les différentes options disponibles à la mise au point automatique pour mieux performer dans ce domaine. Si le mouvement est suffisamment fluide, la plupart des appareils MFT de moyenne et grande gamme pourront suffire à la tâche. Évidemment l'absence de collet rotatif pour une prise trépied/monopod optionnel peut décevoir les photographes d'action ou de sport. En outre la grande distance minimale de mise au point peut être gênante en photo de proximité élevée tout en restant suffisante pour le portrait cependant. Avec un zoom téléobjectif de cette nature il est préférable de le coupler avec un appareil numérique dont le viseur est centré (type SLR) pour assurer un meilleur suivi du sujet entre autres mais cela n'exclut pas de le combiner avec un modèle à viseur décentré (type rangefinder) au choix de l'utilisateur. L'objectif est fourni avec son pare-soleil dédié réversible pour le rangement et on peut y monter des filtres-accessoires de 52mm, une option économique. Un interrupteur d'activation ou non du stabilisateur de l'objectif est présent et utile pour un usage sur trépied.

Dans les quelques exemples accompagnateurs cet article, j'ai voulu montrer la versatilité du Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F3.5-5.6 II Power OIS face à différentes situations de prises de vues. En utilisant un ISO plus élevé vous parviendrez à produire des résultats satisfaisants répondant aux exigences de la publication virtuelle ou électronique. Je fus même surpris de pouvoir pousser ce 45-200mm dans ses derniers retranchements et plus exactement vers la plus grande distance focale de 200mm sans éprouver de perte sensible de qualité d'image. Évidemment une analyse "à la loupe" pourrait peut-être donner une impression différente mais je préfère juger une image sur son impact, son histoire implicite et sa pérennité.






Comment conclure sinon que ce Panasonic Lumix G Vario 45-200mm F3.5-5.6 II Power OIS a su me séduire malgré toutes les préventions qu'il semblait susciter dans cet univers Internet auprès des reviewers professionnels. Il est efficace et trouve son utilité dans sa grande latitude focale pour un zoom téléobjectif. Ses relatives compacité et pesanteur pour de telles distances focales le rend pratique à transporter avec soi.


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24 mars 2018

Le Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS: l'objectif des méga-stars!



Il fait souvent parti des grandes premières mais sans pour autant porter ombrage à la vedette du moment qu'il s'agisse du GX8, du G85 ou encore du tout dernier GX9. Ila tous les atouts du coéquipier modeste et travailleur, sans éclat mais suffisamment efficace et surtout versatile qui s'adapte aux circonstances. Cependant il ne saura jamais un grand champion et toute reconnaissance de sa contribution restera ingrate sinon indifférente.

Je parle évidemment du Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS. Mon premier contact avec cette optique date en effet de mon essai du modèle GX8. Aujourd'hui il a été maintes fois enfoui dans le terreau de l'oubli par l'éblouissant Leica DG Vario-Elmarit 12-60mm F2.8-4.0 Power OIS, une vrai merveille celui-là. Pourtant cet objectif G Vario 12-60mm F3.5-5.6 OIS constitue un excellent investissement pour votre parc optique surtout si vous profitez de son tarif d'aubaine inespéré lors de l'achat d'un G85 ou d'un GX9, c'en est même indécent!

La couverture de ce zoom trans-standard démarre par une position grand-angle de 12mm ayant un angle de champs de 84 degrés pour se terminer par limite téléphoto respectable de 60mm de 20 degrés. Il a donc toute la versatilité voulue pour répondre à plusieurs situations photographiques diversifiées comme la photo urbaine, l'architecture, la photo spontanée et même le portrait. En voyage c'est un outil sérieux pour celle ou celui qui privilégie la souplesse mais aussi la légèreté de son matériel de prises de vues. Parlant poids il dépasse à peine les 200 grammes (210g) et peut facilement s'harmoniser avec un boitier plus compact comme les GX85 et GX9. Fourni avec un pare-soleil en forme de pétales il s'accommode des filtres-accessoires de diamètre réduit de 58mm.

Bien entendu son principal handicap reste son ouverture maximale variable plutôt minimaliste de F3.5-5.6. Ce faisant le contrôle de la profondeur de champs demeure théorique sauf si la distance photographe-sujet est très courte et que la distance focale choisie se retrouve dans les les 50-60mm. Et donc le pouvoir séparateur de ce 12-60mm est faible du fait de sa zone de netteté assez étendue. Compte tenu de son poids il s'agit d'une construction en composite mais l'action des bagues de distances focales et de mise au point est malgré  tout fluide et positive.

La présence du stabilisateur optique du Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS est déterminante pour une utilisation toute circonstance particulièrement quand la luminosité du sujet est faible. Combiné avec un système de stabilisation embarqué dans le boitier de l'appareil photo le ou la photographe bénéficie d'un outil optique répondant aux exigences les plus pointues.






Coté imagerie Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS ne déçoit pas avec une bonne performance tant en résolution qu'en colorimétrie. Les résultats sont bien prévisibles et son grand champs visuel en position grand angulaire en fait un objectif contextuel de premier plan. En milieu urbain il a cette souplesse qui induit à une plus grande recherche de sujets et encourage une créativité plus poussée en composition. Bref une optique "canif suisse" pour tous les baladeurs-photo.








Le Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS qui est le choix du manufacturier pour mettre en vedette ses stars du moment comme le GX9 est aussi un excellent outil de travail pour s'initier et approfondir sa passion photographique.



23 mars 2018

Panasonic Lumix G85 / G80: la simplicité a meilleur goût!

Le Panasonic Lumix G85 / G80: un survol français

(English previous post on the Panasonic Lumix G85)

Panasonic m'étonnera toujours avec les cycles de présentation de ses différents modèles. À la suite d'une période de relative tranquillité voilà que les lancements de nouveaux produits se bousculent au portillon des entrepôts Internet, des tablettes des revendeurs et des sacs-accessoires des utilisateurs. G9, GX9, GH5s, etc envahissent notre univers des appareils numériques de format MFT ou M4/3 et relèguent bien des modèles "néo-anciens" très efficaces comme les G85, GH5, GX8 ou GX85. Et pourtant ces derniers ont encore tellement à offrir, il faut donc profiter des aubaines avant l'inexorable assèchement des inventaires!

Le Panasonic Lumix G85 / G80 constitue à mon sens l'un des appareils numériques avec un capteur MFT de 16 méga pixels les plus efficaces de cette génération. Il réunit plusieurs éléments gagnants dans un boitier de présentation plus modeste qui rappelle de précédents designs d'origine teutonne. Cependant dès sa prise en main on ressent un confort ergonomique indéniable qui incite à l'usage et son interface  matérielle et virtuelle (menu) est relativement aisé à assimiler. Ce n'est pas, il faut ajouter, un appareil photo à destination professionnelle, donc pour un usage hyper intensif et commercial, mais son boitier est conçu pour résister aux intempéries. Bref il passe partout, été comme hiver, au soleil ou dans l'averse. Bien sûr il convient de le combiner avec une optique d'accompagnement tout aussi à l'épreuve des conditions adverses.

Le Lumix G85 / G80 est suffisamment léger pour tenir en main de façon prolongée sans générer de fatigue corporelle gênante de l'utilisateur si on lui adjoint un objectif standard de dimensions et de poids acceptable. Dans le cas contraire l'adjonction de la poignée optionnelle DMW-BGG1 peut être d'un support certain en plus de multiplier par deux l'autonomie énergétique de l'appareil. À mon sens les qualités du capteur embarqué du Lumix G85 peuvent se comparer à tout autre résultat d'image de qualité supérieure et assurément surpasse toute exigence proposée par une diffusion sur écran électronique. Alors pas d'inquiétude de ce coté pour se servir pseudo-professionnellement du modèle. Il n'y a qu'à porter une attention particulière dans la protection tout-terrain du G85 et ne pas s'en servir comme marteau d'urgence par exemple...

Je ne vais pas passer en revue toutes les caractéristiques techniques du Lumix G85 / G80 car vous pouvez consulter aisément différentes pages Internet spécialisées en revue technique des appareils photo et plus encore vous pouvez télécharger facilement de la page support du site de panasonic.com son manuel d'utilisation sur votre tablette ou mobile. Je vais donc me concentrer sur les points que j'apprécie plus particulièrement du Lumix G85.

Commençons par son petit coté "carré" qui lui revêt un look SLR indiscutable peut-être à la manière de de certains Leica R d'une époque révolue de l'argentique à grande échelle. Les lignes du boitier sont très heureusement épurées, bravo pour avoir résister à l'appel de la fioriture de tout acabit. La tendance n'est ni nouvelle, ni unique en soi mais l'effort de créer un outil compétent mais modeste d'aspect mérite d'être souligné. Toute l'information essentielle des paramètres variables de l'appareils apparaitra soit dans le viseur électronique (EVF), soit sur l'écran arrière au choix de l'utilisateur. Il est inutile d'ajouter des écrans redondants sur le plateau supérieur d'un appareil numérique en voulant imiter les anciens SLR de l'ère argentique ou alors il faut privilégier des modèles appareils avec les commandes directes d'ouvertures du diaphragme, de temps de poses et de distances de mise au point.

Avec un viseur électronique l'utilisateur est toujours en mesure d'évaluer plus ou moins précisément le résultat final de l'image captée par l'appareil. Mais plus encore le photographe peut évaluer les effets des corrections de colorimétrie, d'exposition, de mise au point, de profondeur de champs ou de tout autre effet avant la prise de vue, un avantage indéniable sur tout autre viseur optique passéiste. Grâce cet avantage technique l'usager fonctionne presqu'à coup sûr sans l'ancienne incertitude de l'ère argentique. Bref l'expérience de prise de vues se réalise en temps réel et sur le terrain, merci monsieur numérique. Et j'allais dire aussi à l'économie mais le prix de la mémoire numérique étant ce qu'il est cet argument devient un peu caduque.

La poignée latérale intégrée au boitier est un grand avantage non seulement parce qu'elle assure une prise en main confortable et sécuritaire mais aussi parce que son intégration évite les dédoublements de commandes présents sur d'autres modèles d'appareils avec poignée optionnelle. Le bloc d'alimentation optionnel DMW-BGG1situé au bas du Lumix G85 / G80 ajoute un support vertical très préhensile avec les commandes de prise de vues appropriées et double l'autonomie de l'appareil. Ce bloc permet une rotation avec trois blocs-accus qui évite de sortir celui situé dans le boitier qu'on peut conserver en cas d'urgence absolu. Rappelons l'autonomie proclamé du manufacturier de plus de 300 déclics par bloc-accu. L'accès latéral de la carte mémoire est très apprécié surtout si vous télécharger vos fichiers directement de la carte via le port intégré de votre portable.

L'écran tactile du Lumix G85 / G80 est un modèle du genre et permet à l'utilisateur d'avoir un accès direct et facile à toutes sortes de fonctionnalités de l'appareil. Son fonctionnement intuitif prévient l'usage répété du menu de l'appareil certes touffu mais aussi beaucoup moins attrayant. De même le menu rapide (Quick Menu) est une autre façon de faire les ajustements critiques pour les paramètres les plus courants du Lumix G85 / G80.

Parce que le Lumix G85 / G80 n'est pas vraiment un appareil des plus compacts surtout comparé aux autres modèles de style "rangefinder", ses commandes sont relativement bien dispersées sur la surface du boitier évitant ainsi beaucoup de touches accidentelles et malencontreuses. Certains leviers comme celui sélectionnant le type de mise au point sont des commodités vraiment appréciés des utilisateurs. Tous les modes d'exposition sont également aisément accessibles et deux de ceux-ci, C1 et C2, sont paramétrables de façon individuelle pour un usage exclusif à la volée. Plusieurs variations d'utilisation sont possibles pour les mêmes fonctionnalisés indiquant ainsi la grande souplesse d'opération du Lumix G85 / G80 pour ses propriétaires. Le déclenchement est doux et discret. L'interrupteur de tension est logiquement situé à droite du boitier mais peut être difficile d'accès. Les rondelles avant et arrière de réglages multi-assignations sont bien localisées quoique légèrement trop excentrées vers le coté droit ce qui rend la manipulation d'une seule main de l'appareil plus hasardeuse. La permutation viseur-écran est efficace et l'on peut se limiter à l'action du viseur en renversant l'écran vers le boitier ce qui le protègera et évitera ainsi son fonctionnement continu très énergivore (dans ce cas le viseur ne s'allumera que si vous l'utiliser). Le bouton test Fn4 de visualisation de profondeur de champs est situé à l'arrière ce qui est moins intuitif que sur le devant du boitier et il n'est pas signalé d'un symbole de reconnaissance  inscrit.

Le flash d'appoint incorporé du Lumix G85 /G80 est très utile pour déboucher les ombres à contre-jour pour peu que le ou les sujets sont situés à une distance raisonnable. L'ajout d'un flash externe comme le Panasonic FL600R est recommendable pour celles et ceux qui ont besoin fréquemment d'un éclairage d'appoint et veulent ainsi éviter de trop taxer l'autonomie du bloc-accu de l'appareil. Enfin le flash intégré du Lumix G85 peut servir de flash-source (Command flash) pour une installation comprenant un ou plusieurs flashes externes et indépendants. À noter que la fonction Fn1 permet de doser la puissance du flash intégré en relation avec l'exposition de la lumière ambiante.

La prise du trépied du boitier du Lumix G85 / G80 est située dans l'axe de l'objectif mais celle du bloc d'alimentation DMW-BGG1 ne l'est pas. La prise de télécommande filaire de déclenchement est située latéralement avec les autres prises de microphone externe, de liaison USB et (Mini)HDMI.

Prenez note que selon mon habitude je ne traiterai pas des fonctionnalités propres au mode vidéo du Lumix G85 / G80. Je laisse cette partie aux spécialistes du médium.

L'imagerie générée par le capteur numérique MFT de 16 méga-pixels du Lumix G85 / G80 reste à la hauteur des meilleurs appareils de sa catégorie. La colorimétrie et l'exposition du Lumix G85 sont très prévisibles avec un ajustement automatique des profils de température couleur assez performant en particulier lorsqu'il est en présence de sources d'éclairage mixtes. Le rendu monochrome (noir et blanc) disponible en deux rendus est exemplaire comme la plupart des modèles MFT de Panasonic. L'option monochrome est accessible via différentes fonctionnalités et peut être configurée en mode personnalisé C1 ou C2 le cas échéant. D'autre part plusieurs variantes de palettes couleur sont aussi présentes dans les menus de l'appareil. À cette étape d'utilisation du Lumix G85 / G80 votre interprétation de l'image peut s'affirmer sans grande contrainte.



Dans ce modeste survol, il me reste à souligner le plaisir créatif d'utiliser le Panasonic Lumix G85 /G80 et d'en apprécier la grande versatilité et sa discretion d'emploi. L'appareil est réactif et se prête bien à l'exercice de la photographie spontanée (on the spot!) mais aussi à celle de la prise de vues plus sophistiquée si vous le souhaitez. Bref un investissement minimum pour un maximum de plaisir avant-après photo.

P.s. Le Panasonic Lumix G85 / G80 est-il un appareil compact? 
Tel est la question pour le ou la photographe au quotidien qui désire un appareil aux dimensions réduites, plus discret mais toujours compétent. La réponse est simple. Le Lumix G85 / G80 est véritablement un compact qu'on a plaisir à tenir "en main" de façon quasi permanente. En effet ses dimensions s'apparentent très bien à d'autres modèles à viseur décentré (rangefinder) comme le Lumix GX8 ou encore à viseur centré comme les Olympus OM-D E-M5/10 avec poignée latérale optionnelle. Ce qui rend unique le Lumix G85 / G80 est justement l'intégration d'une poignée latérale très confortable et sécuritaire pour l'utilisateur sérieux et évite ainsi le dédoublement intempestif des commandes sur une poignée optionnelle. 



10 mars 2018

Nikon ou la spirale psycho-corporatrice

(Source photo: nikon.com)
Un héritage de 100 ans dur à supporter!

Il y a quelques mois j'expliquai dans un message (version anglaise ici) comment la marque de commerce et fabricant Nikon avait amorcé une descente aux enfers en accumulant une succession de décisions commerciales et administratives qui minaient toute possibilité de rédemption du groupe compte tenu du déclin aujourd'hui universellement reconnu et documenté du marché de l'équipement photographique traditionnel.

Nous savons maintenant que Nikon n'a jamais vraiment cru à l'essor des "sans-miroirs" reléguant cette nouvelle catégorie au rang de brève poussée anecdotique d'un équipement inférieur en valeur et purement destiné aux amateurs non-avisés de la chose photographique. Vrai qu'ils ont introduit leur série CX au pire moment d'un marché en ébullition mais ils n'ont pas su soutenir techniquement et adéquatement cette nouvelle catégorie auprès de leurs fidèles supporteurs qui étaient souvent des propriétaires de matériel Nikon depuis des années.

Pire encore la mise en marché de la série X de Fujifilm et dans une moindre mesure des séries Olympus et Panasonic dans le MFT les a coupé de toute motivation de répondre dans ce créneau. Mais le plus dangereux compétiteur en particulier pour la réputation de Nikon fut les efforts soutenus et intenses de Sony pour offrir un "mirrorless" de plus grand format (approx. 24 X 36mm) avec une gamme de plus en plus étoffée d'optiques appropriées.

Nikon a toujours eu une relation corporative très affective et politique de ses produits les considérant comme nécessairement supérieurs à toute compétition et mettant un regard condescendant sur les produits de la concurrence incluant ceux du major Canon. Cela les a entrainé dans plusieurs épisodes d'errements dans leur évolution des dernières décennies. À l'époque de l'explosion des objectifs à mise au point automatique de l'ère argentique, ils ont persisté à offrir un système hybride basé sur leur vielle monture F au détriment du virage technologique performant présenté par Canon et ils ont été perdants en particulier pour les photographes d'action et de sport. De la même façon ils ont d'abord boudé le retour du format 24 X 36mm en photographie numérique pour ensuite se contredire et créer ainsi une confusion entre leurs séries DX et FX qui persiste encore. Enfin ils ont négligé leur effort initial dans l'introduction du mode vidéo (modèle D90) et laissé place à une compétition qui les a submergé. Sans parler de tous ces lancements de produits virtuels (modèles DL) ou réels (Key Mission) qui ont été des échecs au départ.

Depuis quelques semaines un sentiment général se développent dans la blogosphère à l'effet que Nikon va manquer son virage et devenir une marque de commerce parmi d'autres sinon pire alors qu'il y a quelques mois à peine plusieurs m'ont âprement reproché ma position qui était la même! J'en déduit que les sentiments d'appartenance à la marque Nikon sont en sérieuse baisse. D'autres chroniqueurs ont payé cher leurs doutes il y a quelques années en adoptant une attitude alternative vers d'autres formats numériques et d'autres fournisseurs d'équipement.

Le poids de la tradition peut être dévastateur pour une
 corporation comme le démontre l'acharnement de
 Nikon à conserver la monture F de 1959!
(source photo: Nikon.com)


Ce qui est maintenant évident est le manque de crédibilité d'une administration corporative réductrice et autocratique centrée sur l'auto-flagornerie qui caractérise la compagnie Nikon. Seul un ouragan interne de changement de philosophie et décisionnel saurait dorénavant renverser une tendance manifeste au déclin. Verra-t-on tout comme l'est devenu Kodak le label Nikon se proposer comme une simple marque de commerce? Même si d'aucuns le souhaitent pour mettre un point final à leur ancienne arrogance, ce n'est pas souhaitable compte tenu du rôle majeur que pourrait encore tenir Nikon dans le marché de l'équipement photographique.